

La Croix est un quotidien français fondé en 1883, édité par le groupe Bayard. Média généraliste historique, il conjugue information d’actualité, analyse approfondie et perspectives humanistes. Au-delà de son édition papier, La Croix s’exprime sur de multiples canaux : site web, newsletters, réseaux sociaux.
Que faire quand la charte existe, mais que chacun·e l’applique à sa façon ?
Le contexte
En novembre 2025, La Croix se tourne vers nous. La Croix disposait déjà de chartes graphiques. Le problème n’était pas leur absence, mais leur application : entre impression et numérique, entre les équipes chargées de l’abonnement, des dons, du marketing, du produit et de la communication, les interprétations se sont multipliées. Cette fragmentation affaiblissait l’impact auprès du lectorat et compliquait le travail interne. Notre mission : clarifier et harmoniser sans tout réinventer.
Quel impact ?
La charte n’est plus un document qu’on consulte, c’est un outil qu’on utilise : les règles sont intégrées directement dans les fichiers de travail, les gabarits et la bibliothèque Figma.
Nous avons réduit et unifié la palette qui avait plus de soixante nuances de couleurs. Nous avons proposé une famille unifiée de pictogrammes pour remplacer les dizaines de pictogrammes disparates en circulation. Nous avons aussi raisonné l’usage du bloc-marque, qui étaient très nombreux et pour des usages différents. Les équipes disposent désormais de règles explicites : un socle commun et cinq sous-chartes dédiées (édito, marketing, abonnement, relation lectorat, don). Les gabarits et la bibliothèque Figma partagée offrent à chacun des outils concrets. Moins d’allers-retours et moins d’arbitrages au cas par cas : les équipes peuvent produire plus facilement, et chaque support est immédiatement identifiable par le lectorat.
Construire un socle partagé et des variantes contextuelles
Comprendre les origines des frictions
Un questionnaire, deux ateliers et un audit des fichiers de travail, des pratiques et des supports publiés ont révélé les nœuds : briefs incomplets, fichiers de travail fragmentés en espaces dispersés ; trop de libertés d’interprétation sur la typographie et les couleurs. Chaque équipe avait développé ses propres pratiques, faute d’un cadre commun. Cela surchargeait les équipes, car inventer de nouveaux types de visuels prend du temps.
Les différents émetteurs de La Croix (qui partagent des contenus journalistiques, des offres commerciales, des appels au don, des invitations événementielles, etc.) n’étaient plus identifiables.

Aperçu de la profusion des couleurs de contenus
Simplifier et renforcer le design
Quel est réellement le socle commun de l’identité visuelle de La Croix ? À partir de l’existant (design system du site web, journal et magazine papier, visuels de communication…), nous avons clarifié les composantes essentielles : typographies, palette de couleurs, iconographie. L’objectif n’était pas d’ajouter de nouvelles règles ou de tout réinventer, mais de faire gagner du temps aux équipes, tout en gagner en impact. Pour cela, il a fallu réorganiser l’existant en regardant à quoi sert concrètement chaque élément, pour transformer des règles abstraites en outils utilisables.

Les groupes avec le logo La Croix fournissant une information éditoriale complémentaire, sans être ni un slogan ni un format ou une offre, sont disposés en une ligne, et ne sont plus un bloc-marque.
Défendre les intérêts du média
Au-delà du socle commun, nous avons créé cinq sous-chartes pour les contextes de communication : éditorial, marketing, abonnement, relation lectorat, don. Chacune dispose de ses propres règles (couleur supplémentaire, disposition particulière, iconographie spécifique) pour marquer la différence d’émetteur au sein de La Croix tout en conservant une cohérence forte.
Par exemple, ce qui a trait à l’abonnement est désormais toujours paré de jaune. Nous avons également réfléchi aux parcours, à la hiérarchie de l’information, afin de proposer des réglages différents pour mettre en avant ce qui paraît primordial pour convaincre. Ici, les notions de marketing étaient le cœur du sujet.

La page d’abonnement et notre recommandation à droite, avec les nouvelles règles de polices, d’illustration (ici floutées) et de pictogrammes. La hiérarchie de l’information a aussi été revue.

Un encart abonnement et notre recommandation à droite, avec les nouvelles règles de polices, de visuel produit et d’une illustration (ici floutée). Le slogan est plus important que le prix, ici.

Un emailing avec une offre d’abonnement et notre recommandation à droite, avec les nouvelles règles de polices, d’illustration (ici floutées) et de visuel produit. Nous avons aussi proposé une nouvelle structure pour clarifier le message.

Suggestion de simplification d’un encart de newsletter avec aperçu partiel de la newsletter en bas et mise en avant de la promesse. Le jaune, réservé à l’abonnement, n’apparaît plus dans la sous-charte de l’éditorial.
Valider à chaque étape
Le processus d’harmonisation incluait trois allers-retours sur les grands principes. Nous les avons d’abord appliqués à certains formats prioritaires, puis avons prototypé les nouveaux gabarits les plus importants, en nous basant sur les règles finalisées. Des sessions de revue rapides ont eu lieu à chaque étape clef pour valider ou corriger les principes et accélérer les décisions.
Livrer et accompagner la prise en main
Organiser, documenter et présenter les nouveautés
Nous avons présenté le principe directeur de socle et de sous-charte auprès des équipes, répondu à leurs questions, puis sommes restées disponibles pour lever des doutes sur l’utilisation de ces nouveaux usages.

Atelier de présentation de l’articulation entre la charte socle et les sous-chartes.
Une fois les principes validés, et pour que ces règles deviennent réellement utilisables, nous les avons enregistrées au sein même des fichiers en les étiquetant. Nous avons ensuite élaboré des gabarits et des exemples concrets de mise en page. Cette boîte à outils couvrait de multiples supports et formats : en-têtes et blocs-marque, courrier papier, emailing, réseaux sociaux (posts et stories), slides, formulaires d’inscription, bannières web, pop-ins, paywalls… L’ensemble a été produit dans Figma ou Adobe InDesign selon la nature du support final.
Des indications précises ont été données sur les réglages des contenus : taille, graisse, interlignage, couleur, etc., afin que l’équipe de La Croix puisse les enregistrer dans une bibliothèque Figma partagée. Cette bibliothèque contient aussi les logos, la famille unique de pictogrammes, les illustrations qu’on peut utiliser, les normes d’ombrage et de contours, une palette de couleurs réduite et adossée à un usage précis. Nous avons livré les documents Figma et InDesign source pour soutenir la prise en main par les équipes.
Cette mission a été coordonnée par Christelle Perrin, accompagnée par Marine Doux et Noé Mellier.



